Un retour en douceur
Mon dernier article de blogue date de mars 2025 et ma dernière publication sur mes comptes de réseaux sociaux de novembre dernier… n’est-ce pas un peu bizarre que comme humain, on a tendance à s’isoler quand ça va moins bien? Comme si on a peur de démontrer qu’on est fragile et vulnérable? Je sors tranquillement de mon cocon, mais encore dans un mode ralenti. Les premiers mois de 2026 furent des mois de repos, de récupération et de réflexion suite à un mois de décembre bouleversant…
J’avais déjà une relation délicate avec ce mois-là, mais apparemment, je devais continuer à l’expérimenter. Le 12 décembre 2023, ma mère est décédée. Le 12 décembre 2025, mon père fut admis à l’hôpital pour ensuite se faire opérer d’urgence au coeur quelques jours après. Il est revenu à la maison la veille de Noël avec huit nouveaux médicaments et un protocole d’exercices à suivre à la lettre. Un autre temps des fêtes chamboulé…
Pendant les premières semaines, je me suis assignée le rôle de préposée au soin en priorisant ses besoins en en négligeant les miens. J’ai choisi de réprimer mes émotions et de m’évader en visionnant beaucoup trop la télévision et en jouant des jeux sur mon téléphone. En février, une fois que mon père avait retrouvé un peu plus son autonomie, je suis partie en voyage avec mon mari afin de nous reposer, mais en revenant à la maison après une semaine au soleil, je voyais que le voyage m’avait tout simplement fourni qu’un autre niveau de distraction. Mes émotions refoulées se transformaient en malaises physiques donc je ne pouvais plus les ignorer.
Pendant que mon père reprenait sa force, je perdais la mienne. Maux de tête chroniques, mal de dos et de cou intense, fatigue lourde. Culpabilité justifiée : comment m’étais-je permis de me retrouver ici encore une fois? Pourtant, prendre soin de soi est le message principal de mon premier livre. Je devrais savoir mieux.
Sauf que cette fois, je suis allée chercher de l’aide plus rapidement : massothérapie, ostéopathie, thérapie. Petit par petit, je me suis retrouvée et encore-là, si je tente d’aller trop vite, mon dos et mon cou me le rappellent. Je n’ai pas le choix que de prendre le temps de prendre le temps.
Je suis tellement reconnaissante que la récupération de mon père s’est bien passée et qu’il semble en sortir plus fort physiquement et mentalement. Je comprends maintenant que je devais vivre ceci avec lui pour solidifier davantage notre relation tout en ayant comme rappel la fragilité du corps humain.
Là, avec l’arrivée de l’été, j’anticipe cette nouvelle saison comme un doux réveil. J’ai des plans et des rêves que j’ai mis sur pause qui commencent à se réanimer. Je retrouve mon plaisir d’écrire et de créer. J’écris justement cet article assise dehors emmailloter dans une couverture avec mon portable sur mes genoux et mon coeur s’en réjouit. Deux phrases me viennent en tête :
More of this, please!
It feels good to feel good.
En douceur,
Isabelle